#RILA15: Le patrimoine architectural du monastère de Rila

Projet #RILA permet aux jeunes gens des différents domaines de se réunir dans le cadre d’un voyage vers le monastère de Rila. L’objectif est que le monument culturel provoquera chez les jeunes artistes le désir de découvrir et de recréer son atmosphère, inspira leur activité culturelle, développera leurs compétences d’observation et de concentration. Cela ne contribue pas seulement à notre capacité de s’exprimer, mais aussi augmente notre réussite éducative. L’observation d’un grand complexe architectural qui est un symbole d’une partie considérable de l’histoire des Balkans et qui est connu pour ses nombreux métiers bulgares traditionnels, améliore l’introspection des jeunes artistes contemporains. En apprenant à connaître le passé, on apprend à se connaître soi-même. Au cours du projet, en combinant nos connaissances et nos intérêts nous créons une présentation complète du plus grand monastère des Balkans. Un monument qui symbolise l’unification de grand nombre d’artistes impliqués dans son construction pendant les siècles.

L’architecture du monastère de Rila représente une combinaison authentique des styles structurels et décoratifs pendant une période de neuf siècles. Le monastère est bâti pendant le Moyen-âge comme une forteresse féodale. Après avoir subi plusieurs incendies, il était rebâti quelques fois d’après les changements des styles architecturaux. C’est le bâtiment le plus impressionnant de la Renaissance bulgare. J’avais déjà visité le monastère, mais le projet #RILA m’a présenté la première opportunité de le revisiter en tant qu’étudiante en architecture. C’est pour cette raison que le projet est utile, enrichissant et intéressant pout moi. Après avoir étudié les principales tendances architecturales européennes et mondiales à Paris, le travail sur un monument dans mon pays d’origine m’a aidé à établir des observations plus précises sur l’authenticité de l’architecture bulgare. La découverte des cultures diverses incite l’appréciation de la conscience culturelle et folklorique individuelle. La grande variété d’écoles de construction et d’artisanats traditionnels présentés dans le monastère, crée un sentiment d’appartenance et suggère la présence humaine et la spiritualité incarnées dans les moindres détails. Ma tâche était d’apprendre à mieux connaître et décrire la valeur architecturale du monastère. Voilà pourquoi, je pense qu’il est important que le projet vise la popularisation à la fois de l’héritage spirituel, anthropologique et littéraire bulgare et de la maîtrise de l’architecture bulgare.

En s’approchant, la première impression est du site de construction, de l’environnement qui l’entoure et de son positionnement dans cet environnement. Avec l’intention de construire une forteresse qui soit difficile à atteindre, le monastère est construit dans les forêts de la montagne de Rila en interaction avec l’un des trésors les plus grands de la Bulgarie – sa nature. Ce territoire a été déclaré sainte en raison du fondateur du monastère de Rila – saint Jean de Rila. Il est le saint le plus grand bulgare et patron de la nation bulgare. Son travail au début du 10ème siècle, a fixé le début du monastère et présenté une condition préalable à son expansion future dans un important complexe de bâtiments. De l’extérieur nous voyons ses murs médiévaux de 24 mètres de haut construits en pierre. Vu du ciel, ils forment un pentagone irrégulier. Il n’y a que deux entrées du monastère.

En entrant par l’entrée générale, on voit la variété des bâtiments ornés avec des éléments décoratifs. La partie la plus haute et la plus ancienne du complexe, c’est la tour de Hrelja. Ce fut le premier bâtiment construit dans le monastère et il est le seul bâtiment médiéval préservé dans le complexe. Plus tard, afin qu’il soit adapté dans la structure Renaissance des bâtiments environnants nouvellement construits, on l’a ajouté un clocher, qui est également décoré avec des ornements divers.

Le bâtiment central du complexe, c’est son église principale – ” Rojdenie Bogorodichno “. Elle se trouve juste à côté de la tour de Hrelja. Elle fut construite à la place de l’église médiévale de Hrelja qui avait été beaucoup plus petite, mais qui fut détruit au 19ème siècle. L’église nouvellement apparue est assez grande par rapport au monastère. Son plan en forme de croix latine est mis en évidence par les cinq dômes de l’église. Le plan distingue clairement les trois nefs de la basilique, séparés par les colonnes internes, des arcs et des voûtes. Ceci est l’axe principal de l’église, dominé par trois de ses dômes. Le transept est perpendiculaire aux nefs et se trouve au-dessous des autres deux dômes de l’église. A la fin de chaque nef il y a une abside semi-circulaire. Celle du milieu est plus large et pentalatérale et les deux autres sont trilatérales. La lumière pénètre dans l’église à travers plusieurs fenêtres situées sur les murs qui soutiennent les dômes. L’intérieur ainsi que l’extérieur de l’église sont richement décorés avec des icônes religieuses, des fresques et des gravures – le travail de nombreux artistes folkloriques bulgares. La façade extérieure en pierre se distingue par ses courbes semi-circulaires sur le toit au-dessus de l’arcade peinte reposant sur des rangées de colonnes.

Ceci est le principal lien associatif entre l’église et le reste des bâtiments du complexe. De cette façon, le système décoratif crée le sentiment d’harmonie et d’unité du monastère. La répétition de ces éléments est particulièrement importante pour l’architecture de la partie résidentielle du monastère qui entoure l’église. Les bâtiments résidentiels suivent la forme des murs extérieurs. Ils comprennent cinq étages, mais seulement quatre d’entre eux sont visibles. Certains des éléments les plus intéressants de cette partie du complexe sont faits du matériau traditionnel de la Renaissance bulgare – le bois. Il est fortement souligné par les tchardaks permettant l’accès aux logements résidentiels. Le tchardak est aussi un élément typique de l’architecture Renaissance bulgare. Il représente un extérieur de l’espace bâti, qui est construit en bois et qui ressemble à une terrasse, mais il est fermée et fortifiée au-dessus et à ses côtés latéraux. Sur la façade des logements résidentiels, on peut également distinguer beaucoup de belles gravures sur bois remarquables, aussi fortement représentés dans l’architecture de l’époque. Une partie impressionnante et intéressante est la cuisine du monastère. La façon dont elle a été construite est unique. Une cheminée de 22 mètres de haut avec une forme pyramidale est située à l’intérieur. Elle est composée de 10 rangées d’arches disposées l’un au-dessus de l’autre. Sa partie supérieure est couverte d’un dôme. Le reste de l’hébergement est couvert d’un toit en tuiles, à l’exception des quatre chapelles situées deux par deux les uns sur les autres, qui sont aussi dominées par des dômes. Le complexe dispose d’un certain nombre d’aménagements différents: une salle à manger, une bibliothèque, des pièces de service, un grand nombre de cellules monastiques et chambres d’hôtes, qui ont donné refuge à de nombreux pèlerins.

Le monastère est certainement l’un des monuments architecturaux bulgares les plus inspirants et précieux. Je suis fier que ce représentant éminent du Moyen Âge et de la Renaissance bulgares, un symbole de presque un millénaire de notre histoire, a sa place dans l’histoire de l’architecture. En tant qu’équipe de chercheurs, nous visons à montrer que ce site important du patrimoine culturel national et mondial de l’UNESCO est un reflet de l’identité bulgare.

LILIA IVANOVA

Lilia Ivanova#RILA15: Le patrimoine architectural du monastère de Rila